Vous êtes en CDI et vous envisagez un bilan de compétences, mais une question vous freine : votre employeur peut-il s'y opposer ? La réponse directe, en 2026 : non, pas si vous réalisez votre bilan hors temps de travail et que vous le financez avec votre Compte personnel de formation (CPF). Dans ce cas, vous n'avez même pas à en informer votre employeur.
En revanche, si vous souhaitez faire tout ou partie de votre bilan sur votre temps de travail, vous devez demander une autorisation d'absence : votre employeur peut alors la reporter ou la refuser, mais il ne peut jamais vous interdire le bilan lui-même.
Dans ce guide, nous faisons le point complet sur vos droits en 2026 : le cadre légal, la différence entre bilan hors et sur le temps de travail, la disparition du congé de bilan de compétences, le plan de développement des compétences, ainsi que la démarche et le financement.
Bilan de compétences en CDI : votre employeur peut-il refuser en 2026 ?
Commençons par le plus important : le bilan de compétences est un droit du salarié. L'accord de votre employeur n'est requis que dans un seul cas de figure, celui où le bilan empiète sur vos heures de travail.
Concrètement, il s'agit d'une action encadrée par l'article L.6313-4 du Code du travail : le bilan de compétences permet d'analyser vos compétences professionnelles et personnelles, vos aptitudes et vos motivations, afin de définir un projet professionnel ou de formation. Sa durée est de 24 heures maximum, généralement réparties sur plusieurs semaines.
Le principe : cela dépend du temps de travail utilisé
Deux situations doivent être distinguées :
- Hors temps de travail (le soir, le week-end) : vous n'avez besoin d'aucun accord et aucune obligation d'informer votre employeur.
- Sur le temps de travail : vous devez demander une autorisation d'absence. Votre employeur dispose alors de 30 jours pour répondre et peut reporter ou refuser la date, mais pas le principe du bilan.
Autrement dit, votre employeur ne peut pas vous empêcher de faire un bilan de compétences : il peut seulement encadrer votre absence lorsqu'elle a lieu pendant vos heures de travail, comme le rappelle Service-Public.fr — Bilan de compétences d'un salarié du secteur privé.
Un refus ne peut jamais être un motif de licenciement
Que vous demandiez un bilan de compétences ou qu'un employeur vous refuse une autorisation d'absence, cette démarche ne peut jamais fonder une sanction ou un licenciement. Le fait de vouloir faire le point sur votre carrière est un droit protégé.
Si votre projet vous conduit plutôt à vouloir valider votre expérience par un diplôme, comparez les deux démarches dans notre guide VAE ou bilan de compétences : que choisir.
Fin du congé de bilan de compétences : ce qui a changé depuis 2019
Beaucoup d'articles en ligne évoquent encore le fameux « congé de bilan de compétences ». Attention : ce dispositif n'existe plus.
L'ancien article L.6322-42 est abrogé
Le congé de bilan de compétences reposait sur l'article L.6322-42 du Code du travail. Cet article a été abrogé par la loi Avenir professionnel n°2018-771 du 5 septembre 2018, avec effet au 1er janvier 2019, comme le confirme Légifrance — Article L.6322-42 du Code du travail (abrogé).
Conséquence directe : les anciennes conditions ne s'appliquent plus. Vous n'avez plus besoin de justifier 5 ans d'activité dont 12 mois dans l'entreprise, ni de respecter un « délai de franchise » lié au congé.
Le CPF a remplacé le congé de bilan de compétences
Depuis 2019, c'est le Compte personnel de formation (CPF) qui prend le relais. Tout salarié en CDI peut mobiliser son CPF pour financer un bilan, sans condition d'ancienneté et sans accord de l'employeur dès lors que le bilan se déroule hors temps de travail.
Méfiez-vous donc des contenus obsolètes qui affirment encore que « l'employeur a 30 jours et peut reporter le bilan de 6 mois » au titre du congé : ce cadre a disparu depuis le 1er janvier 2019.
Congé de bilan de compétences vs CPF : ce qui a changé
| Critère | Avant 2019 (congé de bilan) | Depuis 2019 (CPF) |
|---|---|---|
| Dispositif | Congé de bilan (art. L.6322-42, abrogé) | Compte personnel de formation (CPF) |
| Condition d'ancienneté | 5 ans d'activité dont 12 mois dans l'entreprise | Aucune |
| Accord de l'employeur | Autorisation d'absence obligatoire | Aucun si hors temps de travail |
| Financement | OPACIF / Fongecif | CPF, plafonné à 1 600 € |
| Délai entre deux bilans | 5 ans | 5 ans pour un nouveau financement public |
Bilan hors temps de travail : aucun accord de l'employeur requis
C'est aujourd'hui la voie la plus fréquente : un bilan de compétences hors temps de travail, financé par votre CPF et réalisé en dehors de vos horaires (le soir ou le week-end).
Une démarche 100 % personnelle et confidentielle
Dans ce cas, la règle est simple : aucune autorisation à demander, aucune obligation d'informer votre employeur. Vous choisissez librement votre organisme, votre planning et votre projet. La durée reste plafonnée à 24 heures, souvent étalées sur 2 à 3 mois pour laisser le temps à la réflexion entre les rendez-vous.
Votre employeur ne voit pas les résultats
La confidentialité est l'un des principes fondamentaux du bilan de compétences. Le document de synthèse est votre propriété exclusive : l'organisme ne peut le transmettre à votre employeur sans votre accord écrit. Mieux, le prestataire doit détruire les autres documents produits à la fin du bilan et ne conserver la synthèse que pendant un an, comme le précise Service-Public.fr.
Cela signifie que vous pouvez explorer une reconversion, un changement de poste ou une évolution en toute discrétion. Conseil pratique : privilégiez un accompagnement à distance ou en soirée pour préserver totalement la confidentialité de votre démarche vis-à-vis de votre entreprise.
Bilan sur le temps de travail : autorisation d'absence et délai de 30 jours
Vous préférez réaliser tout ou partie de votre bilan sur le temps de travail ? C'est possible, mais cela nécessite l'accord de votre employeur pour votre absence.
Comment formuler la demande d'absence
Adressez à votre employeur une demande d'autorisation d'absence, de préférence par écrit (courrier ou e-mail avec accusé de réception). Précisez les dates et la durée envisagées. À réception, votre employeur dispose de 30 jours calendaires pour répondre, conformément aux règles rappelées par Service-Public.fr.
Ce que l'employeur peut (et ne peut pas) faire
Votre employeur peut :
- accepter votre demande ;
- reporter votre absence pour des raisons de service (dans une limite raisonnable) ;
- refuser la date proposée.
En revanche, il ne peut pas vous interdire de faire un bilan de compétences. Son refus porte uniquement sur votre absence pendant les heures de travail, jamais sur votre droit au bilan. Et, là encore, ce refus ne peut constituer ni une faute ni un motif de licenciement.
En cas de refus répété, la solution la plus simple reste de basculer votre bilan hors temps de travail : vous n'avez alors plus à dépendre de l'accord de votre employeur. Avant de vous lancer, prenez le temps de bien choisir votre organisme de bilan de compétences, car la qualité de l'accompagnement fait toute la différence.
Bilan proposé par l'employeur : le plan de développement des compétences
La situation peut aussi être inversée : c'est votre employeur qui vous propose un bilan de compétences, dans le cadre du plan de développement des compétences. Ce plan a remplacé l'ancien plan de formation depuis la loi Avenir professionnel de 2018, comme le détaille Skillup — le cadre légal du plan de développement des compétences.
La convention tripartite obligatoire
Un bilan ne peut jamais vous être imposé. Votre accord doit être recueilli et formalisé par une convention tripartite signée par trois parties : vous, votre employeur et l'organisme prestataire. Vous disposez d'un délai de 10 jours pour accepter le projet de convention ; passé ce délai, l'absence de réponse vaut refus, comme le rappelle Éditions Tissot — imposer un bilan de compétences à un salarié.
Vous avez le droit de refuser
Si vous ne souhaitez pas réaliser ce bilan, votre refus n'est ni une faute ni un motif de licenciement. Vous restez totalement libre de votre décision.
Dans ce cadre, le bilan présente deux avantages : il se déroule sur le temps de travail et il est financé par l'employeur. Vous n'avez donc pas à mobiliser votre propre CPF. La confidentialité des résultats reste, comme toujours, garantie à votre seul bénéfice.
Comment demander votre bilan de compétences en CDI : étapes et financement
Vous êtes décidé ? Voici la marche à suivre concrète pour lancer votre bilan de compétences en CDI, puis les règles de financement à connaître en 2026.
Les étapes concrètes de la démarche
- Choisir un organisme certifié Qualiopi : c'est la condition obligatoire pour bénéficier d'un financement CPF.
- Définir le cadre : hors temps de travail (aucun accord) ou sur le temps de travail (autorisation d'absence).
- Mobiliser votre CPF directement sur Mon Compte Formation — financer un bilan de compétences.
- Demander l'autorisation d'absence à votre employeur si besoin (réponse sous 30 jours).
- Réaliser les 3 phases du bilan : préliminaire, investigation et conclusion.
Financement CPF 2026 : plafond et reste à charge
Le financement d'un bilan de compétences par le CPF est plafonné à 1 600 €. Depuis le 2 avril 2026, la participation forfaitaire (reste à charge) du titulaire est portée à 150 €, contre 103,20 € en début d'année, selon Service-Public.fr — Participation forfaitaire du CPF portée à 150 €.
Cette participation ne s'applique pas dans plusieurs cas : demandeurs d'emploi, bilan bénéficiant d'un abondement de l'employeur, mobilisation de points du compte professionnel de prévention (C2P) ou droits liés à un accident du travail. Attention aussi à la règle des 5 ans : aucun nouveau financement public n'est accordé si un bilan a déjà été financé (France Travail, État, région, opérateur) au cours des cinq dernières années.
Pour approfondir la question budgétaire, consultez notre guide dédié pour financer votre bilan de compétences avec le CPF. Et pour un accompagnement clé en main, découvrez le bilan de compétences chez Excellence BS.
Bilan de compétences en CDI : étapes et financement 2026
| Étape | Action | Bon à savoir |
|---|---|---|
| 1 | Choisir un organisme certifié Qualiopi | Condition obligatoire pour le financement CPF |
| 2 | Définir hors ou sur le temps de travail | Sur le temps de travail = autorisation d'absence |
| 3 | Mobiliser le CPF sur Mon Compte Formation | Prise en charge plafonnée à 1 600 € |
| 4 | Demander l'autorisation d'absence (si besoin) | L'employeur répond sous 30 jours |
| 5 | Réaliser les 3 phases du bilan | Préliminaire, investigation, conclusion — 24 h max |
FAQ : bilan de compétences et employeur
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur le bilan de compétences et le rôle de l'employeur en 2026.
Mon employeur peut-il refuser mon bilan de compétences en 2026 ?
Non. Si le bilan est réalisé hors temps de travail et financé par votre CPF, votre employeur ne peut pas le refuser et n'a pas à en être informé. S'il est réalisé sur votre temps de travail, il peut seulement reporter ou refuser l'autorisation d'absence, jamais le bilan lui-même.
Dois-je prévenir mon employeur de mon bilan de compétences ?
Non, vous n'avez aucune obligation d'informer votre employeur si vous réalisez le bilan en dehors de vos heures de travail. Vous ne devez le solliciter que si vous demandez une autorisation d'absence pour le faire sur votre temps de travail.
Le congé de bilan de compétences existe-t-il encore ?
Non. Le congé de bilan de compétences (ancien article L.6322-42 du Code du travail) a été supprimé au 1er janvier 2019 par la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018. Depuis, c'est le CPF qui finance le bilan, sans condition d'ancienneté.
Mon employeur peut-il voir les résultats de mon bilan de compétences ?
Non. Le document de synthèse est votre propriété exclusive et strictement confidentiel. L'organisme ne peut le transmettre à votre employeur sans votre accord écrit, et il doit détruire les autres documents à la fin du bilan.
Puis-je refuser un bilan de compétences imposé par mon employeur ?
Oui. Lorsqu'un bilan est proposé dans le cadre du plan de développement des compétences, votre accord est obligatoire et formalisé par une convention tripartite. Votre refus ne constitue ni une faute ni un motif de licenciement.
Conclusion : votre bilan de compétences, votre initiative
En 2026, le bilan de compétences en CDI est avant tout un droit personnel. Réalisé hors temps de travail et financé par votre CPF, il n'est soumis à aucun accord de votre employeur, qui n'a d'ailleurs pas à en connaître les résultats. Ce n'est que sur le temps de travail que l'autorisation d'absence entre en jeu, sans jamais remettre en cause votre droit au bilan.
Retenez l'essentiel : le congé de bilan a disparu depuis 2019, le CPF a pris le relais et la confidentialité de votre démarche est protégée. À vous de faire le premier pas. Pour être accompagné par des experts certifiés, découvrez le bilan de compétences chez Excellence BS et donnez une nouvelle direction à votre carrière.
