La Pro-A, ou reconversion ou promotion par alternance, permettait à un salarié en CDI de se reconvertir ou de monter en compétences grâce à un parcours en alternance, sans quitter son poste ni perdre son contrat de travail. Depuis le 1er janvier 2026, la Pro-A ne peut plus être conclue : elle est remplacée par la période de reconversion, créée par la Loi n°2025-989 du 24 octobre 2025. Bonne nouvelle pour les dossiers en cours : les avenants signés avant cette date continuent de s'appliquer jusqu'à leur terme.
La logique reste donc la même — l'alternance pour les salariés en poste — mais le dispositif change de nom et s'ouvre à davantage de bénéficiaires. Ce guide vous explique ce qu'était la Pro-A, ce qui change précisément en 2026, qui peut en bénéficier, quelles certifications sont éligibles, comment fonctionne le financement par l'OPCO et quelles étapes suivre pour monter un projet de reconversion ou de promotion.
Qu'est-ce que la Pro-A ? Définition et cadre légal (article L.6324-1)
La Pro-A (Reconversion ou Promotion par Alternance) est un dispositif de formation prévu aux articles L.6324-1 et suivants du Code du travail. Son objectif : permettre à un salarié déjà en poste de changer de métier ou d'évoluer professionnellement par une qualification reconnue, sans rompre son contrat de travail.
Un dispositif d'alternance pour les salariés en poste
Comme tout parcours en alternance, la Pro-A combine formation théorique dispensée par un organisme de formation et mise en pratique en entreprise. La différence avec un contrat d'alternance classique tient au public visé : ici, le salarié reste sur son contrat de travail existant. La formation s'organise donc autour de l'activité professionnelle, en partie sur le temps de travail.
Le cadre légal du dispositif et de son successeur figure dans le Code du travail, chapitre dédié à la période de reconversion, qui précise l'objet, les certifications visées et les durées maximales applicables.
Reconversion ou montée en compétences : deux objectifs
La Pro-A répondait à deux situations distinctes :
- La reconversion : sécuriser un changement de métier en interne, par exemple pour anticiper l'évolution d'un poste menacé d'obsolescence.
- La promotion : favoriser une montée en compétences pour accéder à un poste à responsabilités, via l'obtention d'une qualification supérieure.
À ne pas confondre avec le contrat de professionnalisation, réservé aux nouveaux entrants dans l'entreprise, ni avec le projet de transition professionnelle (CPF de transition), qui finance une formation longue avec congé spécifique. La Pro-A, elle, s'adressait aux salariés déjà en poste et se déroulait pour partie pendant le temps de travail.
Pro-A en 2026 : ce qui change avec la période de reconversion
Le principal changement à retenir pour 2026 est juridique. La Loi n°2025-989 du 24 octobre 2025, qui transpose les accords nationaux interprofessionnels (ANI), réforme en profondeur les dispositifs de reconversion des salariés.
Fin de la conclusion de nouvelles Pro-A au 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, la Pro-A et le dispositif Transitions collectives (Transco) ne peuvent plus être conclus. Ils sont remplacés par un dispositif unique : la période de reconversion. Ce changement est acté par la Loi n°2025-989 du 24 octobre 2025.
Concrètement, aucun nouvel avenant ne peut être signé à partir de cette date. En revanche, les avenants conclus avant le 1er janvier 2026 restent valables et se poursuivent normalement jusqu'à leur terme, avec le financement initialement prévu.
La période de reconversion, dispositif successeur
La période de reconversion reprend la philosophie de la Pro-A — l'alternance pour les salariés en poste — tout en l'élargissant. Selon la présentation officielle du nouveau dispositif de reconversion des salariés, elle est ouverte à l'ensemble des salariés, sans condition d'âge, de diplôme ni d'ancienneté, et couvre aussi bien la mobilité interne que la mobilité externe vers une entreprise d'accueil.
Le tableau ci-dessous résume les principales évolutions entre la Pro-A et la période de reconversion.
Pro-A (avant 2026) vs période de reconversion (depuis 2026)
| Critère | Pro-A (jusqu'au 31/12/2025) | Période de reconversion (depuis 2026) |
|---|---|---|
| Bénéficiaires | Salariés en CDI, sous conditions de qualification | Tous les salariés du secteur privé |
| Conditions | Niveau visé sous Bac+3, pas d'ancienneté requise jusqu'au Bac+2 | Aucune condition d'âge, de diplôme ni d'ancienneté |
| Mobilité | Interne à l'entreprise | Interne et externe (entreprise d'accueil) |
| Certifications | RNCP, CQP, blocs (via accord de branche étendu) | RNCP, CQP, blocs de compétences |
| Financement | OPCO, à la demande de l'employeur | OPCO, à la demande de l'employeur |
Qui peut bénéficier de la Pro-A (et de la période de reconversion) ?
Les conditions d'accès ont été assouplies avec le passage à la période de reconversion. Voici l'état du droit pour chacun des deux dispositifs.
Conditions de la Pro-A pour les salariés
Pour les avenants signés avant 2026, la Pro-A s'adressait aux personnes suivantes :
- les salariés en CDI ;
- les salariés en CDI intérimaire ;
- les bénéficiaires d'un contrat unique d'insertion (CUI) à durée indéterminée ;
- les sportifs et entraîneurs professionnels en CDD.
Deux conditions encadraient l'accès au dispositif. D'une part, la qualification visée devait être inférieure au grade de licence (sous Bac+3). D'autre part, aucune condition d'ancienneté n'était exigée pour un salarié au plus titulaire d'un Bac+2. Pendant toute la durée du parcours, le contrat de travail et la protection sociale étaient maintenus. L'ensemble de ces règles est détaillé sur la fiche officielle Service-Public.fr — Reconversion ou promotion par alternance (Pro-A).
Élargissement des bénéficiaires depuis 2026
Avec la période de reconversion, le périmètre s'élargit nettement : tous les salariés du secteur privé deviennent éligibles, y compris pour une mobilité externe vers une autre entreprise. Les conditions de niveau de diplôme et d'ancienneté qui restreignaient la Pro-A disparaissent. Cet élargissement vise à sécuriser plus largement les parcours professionnels, dans un contexte de transformation rapide des métiers.
Quelles formations et certifications sont éligibles ?
Le choix de la certification est l'étape déterminante d'un projet de reconversion ou de promotion. Toutes les formations ne sont pas éligibles : le dispositif vise des qualifications reconnues.
Certifications RNCP, CQP et blocs de compétences
Les certifications accessibles via la Pro-A puis la période de reconversion sont :
- un diplôme ou titre professionnel enregistré au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) ;
- un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) ou interbranche (CQPI) ;
- des blocs de compétences issus d'une certification enregistrée.
Le rôle déterminant de l'accord de branche
Pour la Pro-A, une condition supplémentaire s'appliquait : la certification visée devait figurer dans un accord de branche étendu (article L.6324-3 du Code du travail). C'est la branche professionnelle qui définissait la liste des qualifications éligibles, en fonction des besoins du secteur.
Concrètement, un parcours de montée en compétences commerciale pouvait passer par un BTS NDRC en alternance pour ancrer les fondamentaux de la relation client, puis se prolonger par un Master Manager d'Affaires (RNCP 40257) pour viser des fonctions d'encadrement. Pour les salariés très expérimentés qui maîtrisent déjà le métier sans diplôme correspondant, la VAE pour les salariés expérimentés constitue une alternative pertinente pour faire reconnaître officiellement leurs acquis.
Rémunération, durée et financement par l'OPCO
L'un des grands atouts de la Pro-A — conservé par la période de reconversion — est le maintien du salaire et la prise en charge des coûts de formation. Voici comment cela fonctionne.
Durée des actions de formation
La durée de la Pro-A s'étendait généralement de 6 à 12 mois, avec une possibilité d'extension jusqu'à 36 mois pour certains publics prioritaires. La période de reconversion fixe un cadre proche : entre 150 et 450 heures de formation sur 12 mois maximum, ce volume pouvant être porté jusqu'à 2 100 heures sur 36 mois lorsqu'un accord de branche ou d'entreprise le prévoit.
Maintien du salaire et prise en charge OPCO
Pendant les heures de formation réalisées sur le temps de travail, la rémunération du salarié est maintenue par l'employeur. Le financement des coûts pédagogiques est assuré par l'OPCO (opérateur de compétences), à la demande de l'employeur, selon les niveaux de prise en charge fixés par la branche et dans la limite de la dotation allouée par France Compétences. Le rôle de l'OPCO dans le financement à la demande de l'employeur est détaillé par l'Opco EP — La Pro-A pour la montée en compétences des salariés.
Le tableau suivant récapitule qui prend en charge quoi.
Durée, rémunération et financement de la Pro-A / période de reconversion
| Élément | Pro-A | Période de reconversion |
|---|---|---|
| Durée des actions | 6 à 12 mois (jusqu'à 36 mois pour certains publics) | 150 à 450 h sur 12 mois (jusqu'à 2 100 h sur 36 mois par accord) |
| Rémunération | Maintenue par l'employeur sur le temps de travail | Maintenue par l'employeur sur le temps de travail |
| Coûts pédagogiques | Financés par l'OPCO, à la demande de l'employeur | Financés par l'OPCO, à la demande de l'employeur |
| Plafond de prise en charge | Niveaux fixés par la branche (dotation France Compétences) | Niveaux fixés par la branche (dotation France Compétences) |
Comment mettre en place une Pro-A ou une période de reconversion ? (étapes)
Que le projet relève d'une Pro-A déjà engagée ou d'une nouvelle période de reconversion, la démarche suit une logique en six étapes, partagée entre le salarié et l'employeur.
- Identifier le projet de reconversion ou de promotion. L'entretien professionnel et un bilan de compétences permettent de clarifier l'objectif et de vérifier sa cohérence avec le poste visé.
- Choisir une certification éligible : titre ou diplôme RNCP, CQP ou bloc de compétences, en vérifiant l'éligibilité auprès de la branche pour les dossiers Pro-A.
- Trouver l'organisme de formation et construire le parcours en alternance, en articulant temps de formation et activité en entreprise.
- Formaliser l'engagement : un avenant au contrat de travail pour une Pro-A, ou la formalisation du projet de reconversion pour le nouveau dispositif.
- Déposer le dossier auprès de l'OPCO pour obtenir la prise en charge financière, dans les délais prévus après le démarrage du parcours.
- Démarrer la formation en alternance et suivre l'avancement avec le tuteur en entreprise.
Constitution et dépôt du dossier
Pour les dossiers Pro-A antérieurs à 2026, l'avenant au contrat de travail s'établit à l'aide du formulaire Cerfa n°16155 (avenant Pro-A). L'avenant précise la durée, la certification visée et le calendrier d'alternance. Le dossier doit être transmis à l'OPCO dans le délai imparti suivant le démarrage du parcours, afin de sécuriser le financement.
Conseil pratique : sécurisez votre projet en amont. Un diagnostic structuré évite de s'engager dans une certification inadaptée et augmente nettement les chances de validation du dossier par l'OPCO.
Pro-A 2026 : questions fréquentes (FAQ)
Les réponses essentielles pour comprendre la Pro-A et son remplacement en 2026.
Comment fonctionne la Pro-A pour les salariés en 2026 ?
La Pro-A permettait à un salarié en CDI de se reconvertir ou de monter en compétences en alternance, tout en conservant son contrat de travail et sa rémunération. Depuis le 1er janvier 2026, elle ne peut plus être conclue et est remplacée par la période de reconversion, ouverte à tous les salariés. Les avenants Pro-A signés avant 2026 restent toutefois valables jusqu'à leur terme.
La Pro-A existe-t-elle encore en 2026 ?
Non, plus pour les nouvelles signatures : depuis le 1er janvier 2026, aucune nouvelle Pro-A ne peut être conclue, en application de la Loi n°2025-989 du 24 octobre 2025. Elle est remplacée par la période de reconversion. Les avenants Pro-A conclus avant cette date continuent de produire leurs effets jusqu'à leur terme.
Quelle est la différence entre la Pro-A et le contrat de professionnalisation ?
La Pro-A s'adressait aux salariés déjà en poste, pour une reconversion ou une promotion sur leur contrat de travail existant. Le contrat de professionnalisation, lui, est réservé aux nouveaux entrants dans l'entreprise et crée un nouveau contrat de travail en alternance.
Qui finance la Pro-A ou la période de reconversion ?
Les coûts pédagogiques sont financés par l'OPCO de l'entreprise, à la demande de l'employeur, selon les niveaux de prise en charge fixés par la branche et dans la limite de la dotation de France Compétences. La rémunération du salarié reste, elle, à la charge de l'employeur.
Suis-je payé pendant une Pro-A ?
Oui. Pendant les heures de formation réalisées sur le temps de travail, votre rémunération est intégralement maintenue par l'employeur. Votre contrat de travail et votre protection sociale sont préservés durant tout le parcours.
Conclusion
En 2026, la Pro-A laisse place à la période de reconversion, mais la logique reste inchangée : offrir aux salariés en poste une voie d'alternance pour se reconvertir ou évoluer, avec maintien du salaire et financement par l'OPCO. Le nouveau dispositif va même plus loin en s'ouvrant à tous les salariés et à la mobilité externe.
Que vous visiez un changement de métier ou une montée en compétences, l'essentiel est de structurer votre projet en amont : objectif clair, certification adaptée et dossier solide. Pour avancer sereinement, appuyez-vous sur les formations en alternance d'Excellence Business School et faites de votre reconversion un véritable tremplin professionnel.
