À retenir
- Selon le portail officiel des étrangers en France (OFII, 2026), les ressortissants de l'UE, de l'EEE, de Suisse, de Monaco, d'Andorre et de Saint-Marin peuvent être embauchés sans autorisation de travail, sur présentation d'un passeport ou d'une carte d'identité valide.
- L'employeur fait vérifier le titre de séjour d'un salarié étranger auprès de la préfecture du lieu d'embauche au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche (article R5221-41 du Code du travail).
- Selon l'ANAF, l'enregistrement d'un contrat d'apprentissage vaut en règle générale autorisation de travail, alors que le contrat de professionnalisation exige une autorisation de travail.
- Quand une autorisation de travail est nécessaire, l'employeur la demande sur l'ANEF et l'administration répond dans un délai de deux mois après le dépôt d'un dossier complet, selon l'OFII.
- Après l'embauche, l'employeur effectue la DPAE et inscrit le salarié au registre unique du personnel avec une copie de son titre de séjour en cours de validité (article D1221-24 du Code du travail).
Vous avez trouvé le bon profil pour votre poste en alternance, et le candidat est de nationalité étrangère ? Pour embaucher un alternant étranger, l'entreprise suit une liste de contrôle précise : identifier la nationalité et le titre de séjour, demander une autorisation de travail quand le titre ou le contrat l'exige, faire vérifier le titre en préfecture, puis accomplir les formalités habituelles (déclaration préalable à l'embauche, registre du personnel, transmission du contrat à l'OPCO).
L'ordre des étapes compte. Selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), le recrutement n'est possible qu'une fois l'autorisation de travail délivrée, lorsqu'elle est requise. Le Code du travail interdit aussi d'employer un étranger dans une profession ou une zone autres que celles prévues par son autorisation (article L8251-1).
Ce guide adopte le point de vue de l'employeur. Si vous êtes candidat, l'article sur les titres de séjour qui autorisent l'alternance répond à vos questions. Vous trouverez ici les étapes dans l'ordre chronologique, un tableau de décision selon le titre présenté et les points à faire confirmer par la préfecture du lieu d'embauche.
Étape 1 : identifier la nationalité et le titre de séjour du candidat
Pour embaucher un alternant étranger, tout commence par une question simple : le candidat est-il ressortissant d'un pays européen ou non ? La réponse détermine toute la suite des démarches.
Candidat européen : une pièce d'identité suffit
Selon la page « Embaucher une personne étrangère en situation régulière » du portail officiel des étrangers en France (OFII, publiée le 8 juin 2026), les ressortissants de l'Union européenne (UE), de l'Espace économique européen (EEE), de Suisse, de Monaco, d'Andorre et de Saint-Marin n'ont pas besoin d'autorisation de travail. Un passeport ou une carte d'identité en cours de validité suffit. Vous effectuez ensuite les formalités d'embauche classiques.
Candidat hors UE : lire la mention du titre
Pour un candidat non européen, la mention portée sur le titre de séjour fait la différence. Selon la même source, ces titres permettent de travailler sans démarche supplémentaire :
- « vie privée et familiale » ;
- titre de membre de famille d'un citoyen de l'UE ;
- carte de résident ;
- protection subsidiaire ;
- titre « talent », sous conditions ;
- attestation de prolongation d'instruction ou récépissé portant un droit au travail.
En revanche, pour les mentions « salarié », « travailleur temporaire » ou « saisonnier », l'employeur doit obtenir une autorisation de travail avant l'embauche. Le titre « étudiant » obéit à des règles propres, qui dépendent du type de contrat d'alternance.
Titre présenté par le candidat et démarche de l'entreprise
| Situation ou titre présenté | Autorisation de travail à demander ? | Démarche de l'entreprise |
|---|---|---|
| Ressortissant de l'UE, de l'EEE, de Suisse, de Monaco, d'Andorre ou de Saint-Marin | Non (OFII) | Copie du passeport ou de la carte d'identité valide, puis DPAE et registre du personnel |
| Carte de résident, « vie privée et familiale », membre de famille d'un citoyen de l'UE, protection subsidiaire | Non (OFII) | Vérification du titre en préfecture, puis formalités classiques |
| Titre « talent » | Non, sous conditions (OFII) | Vérifier les conditions attachées au titre auprès de la préfecture |
| Récépissé ou attestation de prolongation d'instruction avec droit au travail | Non (OFII) | Contrôler la mention du droit au travail, puis vérification en préfecture |
| Mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « saisonnier » | Oui, avant l'embauche (OFII) | Demande sur l'ANEF, attente de la décision, puis vérification et formalités |
| Titre « étudiant » et contrat de professionnalisation | Oui (ANAF), après une première année de séjour | Demande sur l'ANEF avant le début du contrat |
| Titre « étudiant » et contrat d'apprentissage | En règle générale non, l'enregistrement du contrat vaut autorisation (ANAF) | Faire confirmer par la préfecture du lieu d'embauche, notamment au-delà de 964 heures |
| Étudiant algérien | Autorisation provisoire de travail avant le début du contrat (ANAF) | Se renseigner auprès de la préfecture |
Embaucher un alternant étranger : faut-il une autorisation de travail ?
L'alternance repose sur deux contrats : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. Pour un candidat titulaire d'un titre « étudiant », les règles diffèrent nettement de l'un à l'autre.
Le titre « étudiant » et la limite des 964 heures
D'après service-public.fr (fiche vérifiée le 18 juin 2026), le titre « étudiant » permet de travailler dans la limite de 964 heures par an. Au-delà, une autorisation de travail est nécessaire. La rémunération ne peut pas être inférieure au Smic, ou au minimum conventionnel s'il est plus élevé.
Contrat de professionnalisation : autorisation obligatoire
L'article R5221-7 du Code du travail prévoit qu'un étudiant étranger peut conclure un contrat de professionnalisation « à l'issue d'une première année de séjour ». Selon l'ANAF, l'autorisation de travail reste obligatoire pour ce contrat. Le cas de l'étudiant est détaillé dans notre article sur le contrat de professionnalisation d'un étudiant étranger.
Contrat d'apprentissage : l'enregistrement vaut autorisation, selon l'ANAF
Selon l'Association nationale des apprentis de France (ANAF), qui s'appuie sur l'article L5221-5 du Code du travail, l'enregistrement du contrat d'apprentissage vaut en règle générale autorisation de travail pendant toute sa durée. L'ANAF précise aussi :
- une première année de séjour est exigée, sauf pour un cursus conférant le grade de master ou un niveau 7 reconnu par la Conférence des grandes écoles ;
- les étudiants algériens relèvent d'un régime particulier : l'employeur doit demander une autorisation provisoire de travail avant le début du contrat.
Attention, les sources divergent sur les 964 heures. Selon service-public.fr, le titre « étudiant » limite le travail à 964 heures par an, au-delà desquelles une autorisation est nécessaire. L'ANAF estime au contraire que cette limite ne s'applique pas à l'apprentissage, en citant un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 28 novembre 2025 (n° 25PA00556). Face à ce désaccord, faites confirmer votre situation par la préfecture du lieu d'embauche avant la signature.
Comment demander l'autorisation de travail sur l'ANEF ?
Quand une autorisation est requise, c'est l'employeur qui la demande, pas le candidat. La démarche passe par l'ANEF (Administration numérique pour les étrangers en France). Voici l'ordre des opérations décrit par l'OFII :
- Publier l'offre au préalable : l'offre doit être diffusée pendant 3 semaines auprès de France Travail et des missions locales. Cette obligation ne s'applique pas aux métiers en tension (arrêté du 21 mai 2025) ni en cas d'accord bilatéral.
- Déposer la demande sur l'ANEF : l'employeur constitue un dossier complet en ligne.
- Attendre la réponse : l'administration répond dans un délai de deux mois après le dépôt d'un dossier complet.
- Recruter seulement après la délivrance : le contrat ne démarre qu'une fois l'autorisation obtenue.
Anticipez ces délais dans votre calendrier de recrutement. Les 3 semaines de publication et le délai d'instruction s'additionnent. Pensez-y si la formation de votre futur alternant commence à une date fixe.
Enfin, l'autorisation est liée à un employeur et à un contrat. Tout changement d'employeur ou nouveau contrat oblige à déposer une nouvelle demande, en application de l'article R5221-1 du Code du travail. Un candidat déjà salarié ailleurs ne peut donc pas simplement transférer son autorisation chez vous.
Vérification du titre en préfecture : 2 jours ouvrables avant l'embauche
Même quand aucune autorisation n'est nécessaire, l'employeur doit faire vérifier le titre de séjour d'un salarié non européen. Selon l'OFII, cette vérification se fait auprès de la préfecture du lieu d'embauche, au moins 2 jours ouvrables avant la date d'embauche (article R5221-41 du Code du travail). La préfecture de Vendée confirme cette règle et ce délai.
Comment procéder
- Préparer la copie recto verso du titre de séjour du candidat.
- Saisir la préfecture du lieu d'embauche selon les modalités qu'elle indique (saisine en ligne le cas échéant).
- Attendre la réponse : la préfecture répond sous 48 heures.
- Conserver par prudence la demande et la réponse dans le dossier du salarié.
Sans réponse de la préfecture dans ce délai de 48 heures, l'obligation de l'employeur est remplie. La vérification n'est pas nécessaire si la personne est inscrite comme demandeur d'emploi à France Travail.
Une déclaration nominative à confirmer
L'ANAF mentionne une autre formalité : une déclaration nominative (article R5221-27 du Code du travail) qui serait à adresser à la préfecture du lieu de résidence, 48 heures ouvrées avant l'embauche. Cette obligation n'apparaît pas sur la page de l'OFII consultée. Interrogez la préfecture pour savoir si elle s'applique à votre recrutement.
DPAE, registre et OPCO : finaliser l'embauche d'un alternant étranger
Une fois le droit au travail établi et le titre vérifié, les formalités rejoignent celles de toute embauche en alternance.
Déclaration préalable à l'embauche et registre du personnel
Selon l'OFII, l'employeur effectue la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'Urssaf, puis inscrit le salarié sur le registre unique du personnel. Une copie du titre de séjour en cours de validité doit accompagner cette inscription (article D1221-24 du Code du travail).
Transmission du contrat à l'OPCO
L'opérateur de compétences (OPCO) prend en charge le financement des contrats d'alternance. Les sources officielles consultées pour ce guide ne décrivent aucune règle propre aux alternants étrangers : le contrat est transmis à l'OPCO selon la procédure habituelle. Pour les niveaux et les étapes, consultez notre article sur la prise en charge OPCO d'un contrat d'alternance. Les aides sont présentées dans le guide des aides à l'embauche d'un alternant, sans règle spécifique identifiée pour un salarié étranger.
Qui peut vous accompagner ?
Selon l'OFII, plusieurs acteurs peuvent aider l'employeur à recruter :
- France Travail ;
- les missions locales ;
- Cap Emploi ;
- les OPCO.
Après l'embauche : renouvellement du titre et cas particuliers
Le rôle de l'employeur ne s'arrête pas à la signature. Le registre du personnel doit contenir la copie d'un titre en cours de validité : notez la date d'expiration du titre dès l'embauche et demandez au salarié son nouveau titre ou son récépissé au moment du renouvellement. En cas de doute sur le droit au travail pendant cette période, la préfecture reste l'interlocuteur compétent.
Les situations à vérifier au cas par cas
Certaines situations sortent du schéma général. Les sources consultées les signalent sans toujours les détailler :
- Les étudiants algériens, soumis à un régime particulier pour l'autorisation de travail.
- Les mineurs étrangers, dont la situation doit être examinée avec la préfecture.
- Les nationalités couvertes par un accord bilatéral, qui peut modifier certaines obligations, comme la publication préalable de l'offre.
- Le candidat qui vit encore à l'étranger : seule l'ANAF décrit un contrat signé avant le visa, complété par une autorisation provisoire de travail à l'arrivée. Aucun visa ni délai ne peut être garanti : renseignez-vous auprès de France-Visas et de Campus France.
- Les taxes éventuellement dues par l'employeur : leur existence, leur montant et leur régime pour un apprenti recruté depuis l'étranger sont à vérifier auprès de l'administration.
Ce que cela change pour les formations en alternance
Ne partez pas du principe qu'un candidat qui vient d'arriver en France peut démarrer tout de suite une alternance, par exemple en BTS NDRC ou en Mastère Manager d'Affaires. La règle de la première année de séjour et ses exceptions se vérifient au cas par cas. Notre page parcours pour étudiants internationaux présente les deux voies possibles, en ligne depuis le pays ou en France via Campus France. Pour les profils, les étapes et le financement côté entreprise, consultez la page recruter un apprenti avec l'école. Sur l'accompagnement d'un recrutement précis, l'équipe d'Excellence BS vous répond sur ce point.
Questions fréquentes sur l'embauche d'un alternant étranger
Faut-il une autorisation de travail pour un apprenti étranger ?
Selon l'ANAF, en règle générale non : l'enregistrement du contrat d'apprentissage vaut autorisation de travail pendant toute sa durée (article L5221-5 du Code du travail). Il existe des exceptions, comme les étudiants algériens, pour qui l'employeur demande une autorisation provisoire de travail avant le début du contrat. La préfecture du lieu d'embauche reste l'interlocuteur pour confirmer votre cas.
Un étudiant étranger peut-il signer un contrat de professionnalisation dès son arrivée en France ?
Non. L'article R5221-7 du Code du travail prévoit que l'étudiant étranger peut conclure ce contrat à l'issue d'une première année de séjour. Selon l'ANAF, l'employeur doit en outre obtenir une autorisation de travail avant le début du contrat de professionnalisation, via une demande déposée sur l'ANEF.
Combien de temps prend la vérification du titre de séjour en préfecture ?
Selon l'OFII, la préfecture du lieu d'embauche répond sous 48 heures. L'employeur envoie sa demande au moins 2 jours ouvrables avant la date d'embauche, avec la copie recto verso du titre, via la saisine en ligne. Sans réponse dans ce délai, son obligation de vérification est remplie. Elle n'est pas nécessaire si le candidat est inscrit comme demandeur d'emploi à France Travail.
La limite de 964 heures s'applique-t-elle à un alternant étranger ?
Selon service-public.fr, le titre « étudiant » permet de travailler 964 heures par an, au-delà desquelles une autorisation de travail est nécessaire. Pour l'apprentissage, les lectures divergent : l'ANAF écarte cette limite en citant un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris du 28 novembre 2025. Faites confirmer votre situation par la préfecture du lieu d'embauche.
Peut-on recruter en alternance un candidat qui vit encore à l'étranger ?
C'est un cas complexe. Seule l'ANAF décrit un schéma où le contrat est signé avant le visa, puis complété par une autorisation provisoire de travail à l'arrivée. Aucun visa ni délai ne peut être garanti : renseignez-vous auprès de France-Visas, de Campus France et de la préfecture, notamment sur les éventuelles taxes dues par l'employeur.
En résumé
- Candidat européen (UE, EEE, Suisse, Monaco, Andorre, Saint-Marin) : une pièce d'identité valide suffit, sans autorisation de travail.
- Candidat hors UE : la mention du titre détermine s'il faut demander une autorisation de travail sur l'ANEF, avec une réponse dans les deux mois suivant le dépôt d'un dossier complet.
- Étudiant étranger : autorisation obligatoire en contrat de professionnalisation ; en apprentissage, l'enregistrement du contrat vaut autorisation selon l'ANAF, à faire confirmer par la préfecture.
- Avant et après l'embauche : vérification du titre en préfecture au moins 2 jours ouvrables avant, puis DPAE, registre du personnel, transmission du contrat à l'OPCO et suivi du renouvellement.
Pour embaucher un alternant étranger sereinement, anticipez le calendrier et documentez chaque étape. L'équipe d'Excellence BS échange volontiers avec vous sur votre projet de recrutement en alternance.
Sources officielles
- OFII, Portail des étrangers en France : Embaucher une personne étrangère en situation régulière (08/06/2026)
- Service-public : Salarié étranger, comment sont délivrées les autorisations de travail ? (vérifiée le 18/06/2026)
- Légifrance : Code du travail, articles R5221-1 à R5221-48
- Préfecture de Vendée : vérification préalable à l'embauche d'un étranger en situation régulière
- ANAF : conditions d'accès à l'alternance en France pour les ressortissants étrangers


