Vous envisagez de quitter votre CDI pour vous former et donner un nouveau cap à votre carrière ? En 2026, quatre montages financiers permettent de franchir le pas sans renoncer à tout revenu : le projet de transition professionnelle (PTP), la démission-reconversion, la rupture conventionnelle et le congé sans solde. Du plus protecteur au moins protecteur, chacun correspond à une situation précise.
L'erreur à ne jamais commettre : démissionner sur un coup de tête, sans avoir sécurisé de dispositif. C'est le meilleur moyen de se retrouver sans salaire ni allocation. La bonne nouvelle, c'est que la reconversion est aujourd'hui un parcours balisé : des dispositifs publics existent précisément pour financer une formation quand on est encore en poste, et parfois même sans rompre son contrat.
Dans ce guide, nous comparons les quatre solutions, leurs conditions d'accès et leur niveau de protection, pour vous aider à choisir celle qui sécurise le mieux votre projet de reconversion.
Quitter son CDI pour se former en 2026 : par quoi commencer
Avant de poser un acte irréversible, il faut distinguer deux besoins : suivre une formation et changer de métier. Les deux ne passent pas forcément par une démission. Plusieurs dispositifs vous laissent conserver votre contrat de travail, ce qui reste toujours la situation la plus confortable financièrement.
Faut-il vraiment démissionner pour se reconvertir ?
Non, pas systématiquement. Le projet de transition professionnelle permet de suivre une formation certifiante tout en gardant son CDI : le contrat est simplement suspendu. La rupture conventionnelle, elle, se négocie à l'amiable et ouvre droit au chômage. La démission « sèche », sans montage préalable, est presque toujours la plus mauvaise option car elle vous prive d'allocation.
Règle d'or : ne jamais quitter son CDI sans avoir sécurisé un montage. Le choix du dispositif dépend de votre ancienneté, de la durée de la formation visée et de votre besoin de revenu pendant la transition. Une démission précipitée peut vous faire perdre à la fois votre salaire et vos droits à l'assurance chômage, alors qu'une préparation de quelques semaines suffit souvent à débloquer un financement.
Cadrer son projet avant de quitter son poste
Première étape gratuite : solliciter un Conseil en évolution professionnelle (CEP). Cet accompagnement, assuré par des opérateurs habilités, aide à structurer votre projet, à identifier les formations pertinentes et à repérer les financements mobilisables. Il devient même obligatoire pour la démission-reconversion.
Prenez aussi le temps de valider votre choix d'orientation. Une reconversion réussie repose sur un projet mûri, pas sur une envie passagère : un bilan de compétences pour cadrer votre projet permet de confronter vos aspirations à la réalité du marché de l'emploi avant de poser un acte irréversible.
Enfin, visez une formation certifiante inscrite au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). C'est la condition pour maximiser à la fois le financement (PTP, démission-reconversion) et votre employabilité à la sortie, car un diplôme reconnu par l'État rassure les recruteurs de votre futur secteur.
Montage 1 — Le projet de transition professionnelle (PTP)
Le projet de transition professionnelle (PTP), qui a remplacé l'ancien congé individuel de formation (CIF), est le dispositif le plus protecteur pour quitter temporairement son CDI et se former. Encadré par l'article L.6323-17-1 du Code du travail, il permet de s'absenter pour suivre une formation certifiante tout en conservant son contrat : on ne rompt pas le CDI, on le suspend.
Conditions d'ancienneté et formations éligibles
Pour un salarié en CDI, l'accès au PTP suppose de justifier de 24 mois d'activité salariée, dont 12 mois dans l'entreprise actuelle, selon Service-public.fr. La formation visée doit être certifiante, c'est-à-dire déboucher sur une certification enregistrée au RNCP.
Le dossier est instruit et financé par l'association Transitions Pro de votre région (la commission paritaire interprofessionnelle régionale, ou CPIR). Pour approfondir, consultez notre guide complet du PTP avec Transitions Pro.
Rémunération maintenue et délais de demande à l'employeur
C'est l'atout majeur du PTP : la rémunération est maintenue. Elle atteint 100 % du salaire moyen de référence lorsque celui-ci est inférieur ou égal à 2 SMIC (soit 3 734,04 €), puis 90 % la première année et 60 % au-delà pour les salaires supérieurs, d'après Service-public.fr.
Côté calendrier, la demande doit être adressée à l'employeur au moins 120 jours avant le début d'une formation de 6 mois ou plus, ou 60 jours avant pour une formation plus courte. L'employeur dispose de 30 jours pour répondre et ne peut pas refuser sur le fond : il peut seulement reporter le départ de 9 mois maximum pour des raisons de service. Son silence passé ce délai vaut acceptation.
Concrètement, à l'issue de la formation, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent : c'est donc le montage le plus protecteur, puisqu'on ne quitte pas vraiment son CDI, on le met entre parenthèses. En contrepartie, il faut anticiper : monter un dossier PTP recevable demande de la préparation, un devis de l'organisme de formation et une argumentation solide auprès de Transitions Pro, qui arbitre les financements en fonction de son budget régional.
Montage 2 — La démission-reconversion et les droits France Travail
Depuis 2019, il est possible de démissionner de son CDI pour se reconvertir tout en touchant l'allocation chômage (ARE), à condition que le projet soit validé au préalable. C'est une évolution majeure : la démission, longtemps synonyme de perte totale de droits, peut désormais ouvrir un revenu de remplacement.
Les 1 300 jours travaillés et le CEP obligatoire
Deux conditions structurent l'accès au dispositif, selon France Travail :
- justifier d'au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois (5 ans) précédant la démission, en CDI du secteur privé ;
- avoir demandé un Conseil en évolution professionnelle (CEP) AVANT de démissionner. Sans cette démarche préalable, le projet est irrecevable.
Le suivi des étapes s'effectue sur le site officiel Démission-reconversion.gouv.fr.
Validation du caractère réel et sérieux du projet
Le projet de reconversion doit être attesté « réel et sérieux » par la commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro). Une fois l'attestation obtenue, vous disposez de 6 mois pour vous inscrire à France Travail, sans dépasser le délai de 12 mois après la démission.
Attention au suivi : un contrôle des démarches intervient dans les 6 mois suivant l'ouverture des droits, sous peine de radiation. Autrement dit, ce dispositif s'adresse à des personnes réellement engagées dans leur transition, pas à celles qui cherchent simplement à sécuriser une allocation.
La contrepartie de cette exigence, c'est une vraie protection : une fois le projet validé, vous percevez l'ARE comme après un licenciement, tout en construisant votre reconversion. Pour aller plus loin, lisez notre article sur la démission-reconversion et l'ouverture des droits France Travail. L'Unédic analyse d'ailleurs les parcours des bénéficiaires sur leurs premiers mois de reconversion, un bon repère pour mesurer les chances de retour à l'emploi.
Montage 3 — La rupture conventionnelle pour financer sa formation
Contrairement à la démission classique, la rupture conventionnelle ouvre droit à l'allocation chômage. Négociée d'un commun accord avec l'employeur, elle donne droit à une indemnité spécifique de rupture ET à l'ARE. C'est un filet de sécurité idéal pour financer une formation ou prendre le temps de choisir sa reconversion sans pression.
Indemnité de rupture + allocation chômage
La rupture conventionnelle cumule deux avantages : une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, et l'accès à l'assurance chômage, ce qui permet de mobiliser cette période pour se former. C'est ce qui la distingue nettement de la démission classique : là où le démissionnaire repart sans filet, le salarié en rupture conventionnelle dispose d'un capital de départ et d'un revenu de remplacement.
Encore faut-il que l'employeur accepte : la rupture conventionnelle se négocie, elle ne se décrète pas. Mieux vaut donc préparer son argumentaire et démontrer que le départ peut aussi servir l'entreprise. Une fois signée, elle est homologuée par l'administration, puis vous ouvrez vos droits. Vous pouvez ensuite combiner ces ressources avec votre CPF ou d'autres aides — voir notre guide pour financer sa formation au chômage (AIF, AREF, PEC).
Ce qui change au 1er septembre 2026
Une réforme de l'assurance chômage s'applique à partir du 1er septembre 2026. La durée maximale d'indemnisation serait ramenée à 15 mois pour les moins de 55 ans, contre 18 mois auparavant, avec un accompagnement de France Travail renforcé dès le premier entretien. Ces règles évoluant régulièrement, vérifiez les montants et durées applicables à votre situation sur Service-public.fr.
Montage 4 — Le congé sans solde ou de formation
Quand aucun des dispositifs précédents n'est accessible, le congé sans solde reste une porte de sortie souple pour se former sans rompre son CDI.
Congé sans solde : garder son contrat sans revenu
Le congé sans solde suspend le contrat de travail sans rémunération. Il ne repose sur aucun cadre légal automatique de durée : tout dépend de l'accord de l'employeur. Son grand avantage est la réversibilité : vous conservez votre CDI et pouvez y revenir à l'issue du congé. C'est le montage le plus réversible, mais aussi le seul sans aucun revenu de remplacement.
Combiner avec le CPF et un financement personnel
Sans salaire ni allocation, il faut mobiliser d'autres ressources : votre Compte personnel de formation (CPF), des économies ou un financement personnel. C'est pourquoi ce montage suppose une trésorerie confortable ou une formation de courte durée, faute de quoi la période sans revenu devient vite intenable.
Lorsque le solde CPF ne suffit pas, une alternative structurée existe : le CPF de transition professionnelle, qui prend le relais pour financer une formation certifiante longue. Le congé sans solde reste donc surtout pertinent dans deux cas de figure : une formation courte finançable par le CPF, ou une situation où le PTP n'est pas accessible faute d'ancienneté suffisante. Son atout maître demeure la sécurité de l'emploi : quoi qu'il arrive, votre CDI vous attend.
Comparatif : quel montage choisir pour quitter son CDI en 2026 ?
Chaque montage répond à un profil différent. Le tableau ci-dessous résume l'essentiel pour quitter son CDI et se former selon votre priorité : revenu maintenu, réversibilité ou conditions d'accès.
Tableau comparatif des 4 montages
Comparatif des 4 montages pour quitter son CDI et se former en 2026
| Montage | Revenu maintenu | Conditions d'accès | Réversibilité | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| PTP | Oui (100 % si ≤ 2 SMIC, sinon 90 % puis 60 %) | 24 mois d'activité dont 12 dans l'entreprise, formation certifiante | Élevée (contrat suspendu) | Salarié avec ancienneté, formation longue certifiante |
| Démission-reconversion | Oui (ARE) | 1 300 jours sur 5 ans, CEP préalable, projet validé | Nulle (rupture définitive) | Projet de reconversion solide et validé |
| Rupture conventionnelle | Oui (indemnité + ARE) | Accord de l'employeur | Nulle (rupture définitive) | Salarié en bons termes avec son employeur |
| Congé sans solde | Non | Accord de l'employeur | Très élevée (retour au poste) | Formation courte, épargne disponible |
Quel dispositif selon votre situation
- Le PTP conserve à la fois le revenu et le contrat, mais exige une formation certifiante et la validation de la CPIR.
- La démission-reconversion ouvre l'ARE si vous justifiez de 1 300 jours et d'un projet validé, au prix d'une rupture définitive du CDI.
- La rupture conventionnelle cumule indemnité et ARE, mais dépend de l'accord de l'employeur et de la réforme 2026.
- Le congé sans solde est le plus réversible, mais sans revenu.
Quel que soit le montage retenu, vous pouvez financer une formation certifiante comme un BTS ou un Titre Professionnel. À Excellence Business School, le BTS NDRC en alternance figure parmi les cursus RNCP compatibles avec ces dispositifs.
FAQ — Quitter son CDI pour se former en 2026
Comment quitter son CDI pour se former en 2026 ?
Quatre montages existent : le projet de transition professionnelle (PTP) qui maintient le salaire, la démission-reconversion qui ouvre l'ARE, la rupture conventionnelle qui cumule indemnité et chômage, et le congé sans solde. Sécurisez toujours l'un de ces dispositifs avant de démissionner.
Peut-on toucher le chômage en démissionnant pour se reconvertir ?
Oui, sous conditions. Il faut justifier de 1 300 jours travaillés sur les 5 dernières années, avoir demandé un CEP avant de démissionner et faire valider le caractère réel et sérieux du projet par Transitions Pro.
Garde-t-on son salaire pendant un PTP ?
Oui. La rémunération est maintenue à 100 % du salaire de référence s'il est inférieur ou égal à 2 SMIC (3 734,04 €). Au-delà de ce seuil, elle passe à 90 % la première année, puis 60 %.
L'employeur peut-il refuser un PTP ?
Il ne peut pas refuser sur le fond. Il peut seulement reporter le départ de 9 mois maximum pour raisons de service. Son silence dans les 30 jours suivant la demande vaut acceptation.
Peut-on financer un BTS NDRC ou un Titre Pro en quittant son CDI ?
Oui. Ces formations certifiantes inscrites au RNCP sont éligibles au PTP comme à la démission-reconversion. Vous pouvez donc financer un BTS NDRC ou un Titre Professionnel via l'un de ces montages.
Conclusion : sécuriser avant de se lancer
Quitter son CDI pour se former en 2026 n'a rien d'un saut dans le vide, à condition de choisir le bon montage. Le PTP protège le mieux votre revenu, la démission-reconversion et la rupture conventionnelle ouvrent l'allocation chômage, et le congé sans solde préserve votre contrat. Le fil conducteur reste le même : cadrer son projet avec un CEP ou un bilan de compétences, viser une formation certifiante et sécuriser le dispositif avant de poser sa démission. Bien préparée, votre reconversion devient une véritable opportunité professionnelle.
