À retenir
- Le contrat de professionnalisation est ouvert sans limite d'âge aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus et aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH (article L6325-1 du Code du travail).
- À 26 ans et plus, le salaire est au moins égal au SMIC ou à 85 % du minimum conventionnel, le montant le plus élevé étant retenu, selon l'ONISEP.
- Le contrat dure en principe de 6 à 12 mois et peut atteindre 24 mois si un accord collectif le prévoit.
- Selon France Travail, l'employeur peut percevoir jusqu'à 2 000 € pour un demandeur d'emploi de 26 ans et plus, et jusqu'à 4 000 € à partir de 45 ans, sous conditions.
- Un salarié déjà en poste n'entre pas, en principe, dans les publics du contrat de professionnalisation.
Vous avez 30, 35 ou 45 ans et vous envisagez de vous former en alternance ? Le contrat de professionnalisation à plus de 30 ans est possible, mais pas pour tout le monde. Il est ouvert sans limite d'âge aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, ainsi qu'aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH, selon l'article L6325-1 du Code du travail. En revanche, un salarié déjà en poste n'entre pas, en principe, dans ces publics.
Ce sujet compte, car le contrat de professionnalisation est souvent la première piste évoquée pour une reconversion en alternance après 30 ans. Les règles de salaire, de durée et d'aides dépendent aussi de l'âge, ce qui intéresse autant le candidat que l'employeur.
Notre guide sur l'alternance après 30 ans compare déjà les deux contrats. Cet article se concentre sur le seul contrat de professionnalisation, avec un angle pratique : qui peut le signer, quel salaire prévoir, quelle durée viser, quelles aides l'employeur peut demander à France Travail, et que faire si vous êtes déjà salarié.
Peut-on signer un contrat de professionnalisation après 30 ans ?
Oui, à condition d'appartenir à l'un des publics prévus par la loi. Le contrat de professionnalisation est un contrat de travail en alternance : vous travaillez pour un employeur et vous suivez une formation qui mène à une qualification. Son public est fixé par l'article L6325-1 du Code du travail sur Légifrance.
Ce texte ouvre le contrat aux personnes suivantes :
- Les jeunes de 16 à 25 ans révolus.
- Les demandeurs d'emploi âgés de 26 ans et plus.
- Les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ou de l'allocation aux adultes handicapés (AAH).
- Les personnes ayant bénéficié d'un contrat aidé, le contrat unique d'insertion (CUI).
Le Code du travail numérique le résume simplement : à partir de 26 ans, il faut être demandeur d'emploi, et aucune condition d'âge ne s'applique aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH. À 30, 40 ou 50 ans, c'est donc votre situation au moment de la signature qui compte, pas votre âge.
Quels employeurs peuvent le proposer ?
D'après France Travail, tout employeur du secteur privé ou associatif peut conclure un contrat de professionnalisation. L'État, les collectivités territoriales et leurs établissements publics administratifs ne le peuvent pas. Une mairie ou un ministère ne pourra donc pas vous recruter avec ce contrat.
Quelle qualification viser ?
Selon service-public.fr, le contrat prépare une qualification inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), une qualification reconnue par une convention collective de branche ou un certificat de qualification professionnelle (CQP). La version actuelle de l'article L6325-1 mentionne aussi « un ou plusieurs blocs de compétences », selon des modalités fixées par décret. Selon les informations disponibles, ce point dépend de textes d'application : l'organisme de formation et l'OPCO (opérateur de compétences rattaché à la branche de l'employeur) vous diront ce qui est possible pour votre projet.
Déjà salarié après 30 ans : pourquoi ce contrat est en principe fermé
C'est le cas qui surprend le plus. Un salarié en poste de 26 ans et plus ne figure pas, en principe, parmi les publics du contrat de professionnalisation. Les textes consultés ne prévoient pas ce cas, puisque la condition posée à partir de 26 ans est d'être demandeur d'emploi, ou bénéficiaire du RSA, de l'ASS ou de l'AAH.
Votre projet de reconversion n'est pas bloqué pour autant. Plusieurs pistes existent, à étudier avec votre employeur et un conseiller :
- La reconversion ou promotion par alternance (Pro-A), pensée pour les salariés : notre article sur la Pro-A pour les salariés en poste détaille la procédure.
- Le contrat d'apprentissage, dont les conditions d'âge diffèrent : le comparatif entre contrat d'apprentissage et contrat de professionnalisation vous aide à situer votre cas.
- Un changement de situation, par exemple la fin d'un contrat suivie d'une inscription à France Travail : l'éligibilité s'apprécie alors au moment de la signature du nouveau contrat.
Avant toute décision, notamment une démission, vérifiez vos droits auprès de France Travail. Les conséquences sur votre indemnisation dépendent de votre situation personnelle.
Quel salaire pour un contrat de professionnalisation à plus de 30 ans ?
Après 30 ans, vous relevez de la règle des 26 ans et plus. Selon l'[ONISEP](https://www.onisep.fr/vers-l-emploi/alternance/le-contrat-d-apprentissage-le-contrat-de-professionnalisation/le-contrat-de-professionnalisation), le salaire est au moins égal au SMIC, ou à 85 % du salaire minimum prévu par la convention collective, le montant le plus élevé étant retenu.
Concrètement, deux montants sont comparés :
- Le SMIC en vigueur.
- 85 % du minimum conventionnel correspondant à votre poste dans la convention collective applicable.
Si 85 % du minimum de votre convention dépasse le SMIC, c'est ce montant qui s'applique. Sinon, vous percevez au moins le SMIC. Le SMIC est revalorisé régulièrement : consultez sa valeur à jour sur service-public.fr ou auprès de votre employeur, plutôt qu'un chiffre recopié d'un site non officiel.
Il s'agit d'un vrai salaire, versé dans le cadre d'un contrat de travail. Les questions sur vos éventuelles allocations pendant le contrat se traitent avec votre conseiller France Travail, car elles dépendent de votre dossier.
Durée du contrat de professionnalisation : 6, 12 ou 24 mois ?
D'après l'Urssaf, le contrat de professionnalisation est un contrat de travail écrit, conclu en contrat à durée déterminée (CDD) ou en contrat à durée indéterminée (CDI). Dans le cas d'un CDI, c'est l'action de professionnalisation qui a une durée encadrée.
La durée de base et ses allongements
La durée de principe va de 6 à 12 mois. Selon l'OPCO EP, un accord collectif qui désigne les publics et les qualifications concernés peut la porter à 24 mois. Elle peut aller jusqu'à 36 mois pour certains publics, par exemple les jeunes sans qualification, ce qui concerne rarement un candidat de plus de 30 ans.
La part de formation
Selon France Travail, la formation représente entre 15 % et 25 % de la durée d'un CDD, avec un minimum de 150 heures. Le reste du temps se passe en entreprise.
Bon à savoir : un diplôme préparé en 24 mois suppose que la branche de l'employeur autorise cette durée. Avant de signer, ce point se vérifie auprès de l'OPCO concerné.
Contrat de professionnalisation à 30 ans et plus : les règles clés
| Point clé | Règle applicable | Source |
|---|---|---|
| Public éligible | Demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH, anciens bénéficiaires d'un CUI | Code du travail, art. L6325-1 |
| Limite d'âge | Aucune pour ces publics | Code du travail numérique |
| Salarié déjà en poste | En principe non prévu par les textes consultés | Code du travail, art. L6325-1 |
| Employeurs | Secteur privé ou associatif (pas l'État ni les collectivités territoriales) | France Travail |
| Type de contrat | Contrat écrit, en CDD ou en CDI | Urssaf |
| Durée | 6 à 12 mois, jusqu'à 24 mois par accord collectif | Urssaf, OPCO EP |
| Formation | 15 % à 25 % de la durée du CDD, 150 heures minimum | France Travail |
| Salaire | SMIC ou 85 % du minimum conventionnel, le plus élevé des deux | ONISEP |
| Aides employeur | Jusqu'à 2 000 € (26 ans et plus), jusqu'à 4 000 € à partir de 45 ans, sous conditions | France Travail |
Quelles aides pour l'employeur qui recrute un plus de 30 ans ?
Pour un candidat de plus de 30 ans, connaître les aides est un argument utile en entretien. Selon la page employeur de France Travail Pro, l'employeur peut percevoir jusqu'à 2 000 € pour l'embauche d'un demandeur d'emploi de 26 ans et plus en contrat de professionnalisation.
- À partir de 45 ans, l'aide peut atteindre 4 000 €, en la cumulant avec la précédente.
- La demande se fait en ligne, en une seule démarche, auprès de France Travail.
- Ces aides sont versées sous conditions, à vérifier auprès de France Travail au moment de l'embauche, car la page ne détaille ni date de fin ni conditions complètes.
Par ailleurs, France Travail indique que l'employeur bénéficie de la réduction générale des charges sur ce contrat.
Attention à une confusion fréquente. L'aide au recrutement en contrat de professionnalisation des moins de 30 ans concernait les contrats signés du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024, selon la DREETS Nouvelle-Aquitaine. Elle ne s'applique plus, et elle ne visait pas les plus de 30 ans. Pour estimer le coût réel d'une embauche, consultez notre article sur le coût d'un alternant pour l'entreprise.
Comment signer un contrat de professionnalisation à plus de 30 ans : les étapes
Voici une démarche simple, dans l'ordre où les questions se posent en pratique.
- Vérifier votre éligibilité. Êtes-vous demandeur d'emploi, ou bénéficiaire du RSA, de l'ASS ou de l'AAH ? Gardez un justificatif de votre situation.
- Choisir la qualification. Ciblez une certification inscrite au RNCP, un CQP ou une qualification reconnue par la branche, en lien avec le métier visé.
- Choisir l'organisme de formation. Il vous renseigne sur le programme, le rythme et la durée du parcours.
- Identifier la branche et l'OPCO de l'employeur. Cette étape permet de savoir si une durée supérieure à 12 mois est possible.
- Prospecter les employeurs. Ciblez le secteur privé et associatif, et mentionnez les aides France Travail liées à votre profil.
- Signer le contrat écrit. Relisez la qualification, la durée et le salaire indiqués. L'employeur peut ensuite faire sa demande d'aide en ligne auprès de France Travail.
Pendant la recherche d'entreprise, votre expérience passée est un atout. Présentez-la comme un ensemble de compétences transférables vers votre nouveau métier.
Quelles formations préparer en alternance après 30 ans chez Excellence BS ?
Excellence BS est une école de commerce en alternance à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), avec une offre à distance. Plusieurs de ses parcours peuvent intéresser un candidat de plus de 30 ans.
- Le [Mastère Manager d'Affaires](/programmes/master-manager-affaires) (RNCP 40257), certification de niveau 7 (Bac+5) dont le certificateur est Manitude. Il se prépare en 24 mois, en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, avec un rythme de 4 jours en entreprise et 1 jour en formation. Il demande un diplôme de niveau 6 (Bac+3) validé.
- Le [Titre Professionnel Négociateur Technico-Commercial (NTC)](/programmes/tp-ntc) (RNCP 39063), orienté vers la négociation commerciale.
- Le Titre Professionnel Responsable d'Établissement Marchand (REM) (RNCP 38666), orienté vers le management d'un établissement marchand.
Les titres professionnels NTC et REM, comme le Mastère Manager d'Affaires, peuvent se suivre 100 % à distance.
Un point de vigilance pour le Master : 24 mois dépassent la durée de base de 12 mois. En contrat de professionnalisation, sa faisabilité pour un demandeur d'emploi de 26 ans et plus dépend donc de l'accord de branche de l'employeur. L'équipe d'admission vous aide à vérifier ce point avec l'entreprise et son OPCO, et vous accompagne dans la recherche d'une entreprise d'accueil, sans pouvoir garantir la signature d'un contrat.
Peut-on faire un contrat de professionnalisation à 35 ans sans être au chômage ?
En principe non, sauf si vous êtes bénéficiaire du RSA, de l'ASS ou de l'AAH, ou si vous avez eu un contrat unique d'insertion. À partir de 26 ans, l'article L6325-1 du Code du travail réserve ce contrat aux demandeurs d'emploi. Un salarié en poste peut plutôt étudier la Pro-A ou, selon sa situation, le contrat d'apprentissage.
Quel est le salaire d'un contrat de professionnalisation à plus de 26 ans ?
Selon l'ONISEP, le salarié de 26 ans et plus perçoit au moins le SMIC, ou 85 % du salaire minimum prévu par la convention collective de l'entreprise. Le montant le plus élevé des deux est retenu. Pour connaître la valeur actuelle du SMIC, consultez service-public.fr ou interrogez directement votre futur employeur.
Combien de temps dure un contrat de professionnalisation pour un adulte ?
Le contrat de professionnalisation dure en principe de 6 à 12 mois, en CDD ou dans le cadre d'une action de professionnalisation en CDI. Un accord collectif peut porter cette durée à 24 mois pour certains publics et qualifications. La formation représente entre 15 % et 25 % de la durée d'un CDD, avec au moins 150 heures, selon France Travail.
Quelle aide pour un employeur qui embauche un plus de 45 ans en contrat de professionnalisation ?
Selon France Travail, l'employeur peut percevoir jusqu'à 2 000 € pour l'embauche d'un demandeur d'emploi de 26 ans et plus. À partir de 45 ans, l'aide peut atteindre 4 000 € en la cumulant avec la précédente. La demande se fait en ligne, sous conditions à vérifier auprès de France Travail au moment de l'embauche.
Peut-on préparer un Bac+5 en contrat de professionnalisation après 30 ans ?
C'est possible pour un demandeur d'emploi éligible, mais tout dépend de la durée autorisée. Un Bac+5 en 24 mois, comme le Mastère Manager d'Affaires (RNCP 40257), dépasse la durée de base de 12 mois. Il faut donc qu'un accord de branche permette 24 mois. L'OPCO de l'employeur et l'équipe d'admission vous aident à le vérifier.
En résumé
- Le contrat de professionnalisation à plus de 30 ans est ouvert, sans limite d'âge, aux demandeurs d'emploi et aux bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH.
- Un salarié en poste n'en relève pas en principe : la Pro-A est la piste à étudier.
- Le salaire est au moins le SMIC ou 85 % du minimum conventionnel, le plus élevé des deux.
- La durée va de 6 à 12 mois, et jusqu'à 24 mois si un accord collectif le prévoit.
- L'employeur peut demander à France Travail jusqu'à 2 000 €, ou 4 000 € à partir de 45 ans, sous conditions.
Avant de vous lancer, vérifiez votre situation auprès de France Travail et la durée possible auprès de l'OPCO de l'employeur. Si vous visez le commerce ou le management, l'équipe d'Excellence BS peut étudier avec vous le parcours le plus adapté à votre profil.
Sources officielles
- Légifrance, article L6325-1 du Code du travail
- Code du travail numérique, différences entre contrat d'apprentissage et contrat de professionnalisation
- France Travail Pro, aides à l'embauche en contrat de professionnalisation
- France Travail, le contrat de professionnalisation (fiche candidat)
- ONISEP, le contrat de professionnalisation
- DREETS Nouvelle-Aquitaine, le contrat de professionnalisation
- OPCO EP, durée maximale d'un contrat de professionnalisation



